Trèfle violet
Issues de la valorisation du programme de sélection de l’Inra les variétés Agriobtentions de trèfle violet présentent toutes une excellente pérennité et une très forte productivité.
Le trèfle appartient à un genre présentant une grande variabilité puisqu’il en existe environ 240 espèces, dont une trentaine ont un intérêt agronomique comme plante fourragère destinée à l’alimentation animale à travers le monde.
Le trèfle violet présente aujourd’hui dans les systèmes fourragers de nombreux avantages pour les éleveurs :
- des cultures avec moins d’intrants : en culture pure comme en association avec une graminée, le trèfle violet permet des économies importantes sur les apports d’azote. Il améliore la structure du sol et autorise ultérieurement des économies de fertilisation azotée sur les cultures suivantes
- des associations à pâturer : parce qu’il offre la possibilité du pâturage quand il est associé à une graminée, le trèfle violet participe à la fourniture d’un fourrage de qualité exploité au moindre coût. Le trèfle violet a une très bonne valeur fourragère. Son potentiel de production est aujourd’hui très élevé et sa valeur nutritive demeure très bonne jusqu’au stade début floraison.
Le trèfle, une sélection ancienne à l’Inra
Le programme de sélection trèfle violet est l’un des plus anciens programmes de sélection de l’Inra. Démarré à la création de l’Institut, il y a 60 ans, ce programme porté par Jean Picard de l’ex-laboratoire des fourrages de Versailles, répondait à une demande forte des professionnels, à une époque où la combinaison maïs/tourteau de soja n’entrait pas dans les pratiques d’élevage. Transféré à l’Inra de Dijon, ce programme n’a cessé de se développer. Repris par Claire Mousset-Déclas en 1986, les recherches sur le trèfle ont bénéficié d’un soutien fort des pouvoirs publics et des professionnels, notamment à travers le programme de résistance à la sclérotiniose.
Les objectifs de sélection portaient essentiellement sur l’amélioration de deux caractères :
- la résistance aux maladies (ex : au champignon parasite Sclerotinia)
- l’amélioration de la pérennité, c'est-à-dire l’aptitude de la plante à produire pendant au moins trois ans après le semis.
Le trèfle possède la particularité de se reproduire uniquement par fécondation croisée, du fait d’une autoincompatibilité pollinique. Les chercheurs Inra ont donc constitué des familles parentales, c'est-à-dire des groupes de plantes homogènes pour le caractère recherché (exemple : précocité ou tardiveté de la floraison, résistance au champignon parasite Sclerotinia…). Ils ont obtenu des variétés synthétiques par intercroisements de plusieurs familles parentales sélectionnées pour leurs atouts. Après multiplication, différentes variétés ont été testées dans des essais multilocaux, pour juger de leur comportement dans des conditions pédoclimatiques très variées.
Au final, une dizaine de variétés de trèfle violet ont été inscrites au catalogue français dont 4 en 2006 : DIPLO, DIMANCHE, KINDIA et DISCOVERY. Ces dernières présentent les caractéristiques suivantes :
- une excellente production fourragère : de 6 à 9% supérieur au témoin Merviot
- une excellente résistance aux maladies : oïdium et Sclerotinia
- une excellente pérennité : de +1 à +1.5 points par rapport au témoin CTPS* (témoin noté sur une échelle de 1 à 9 points)
- d'excellentes cotations CTPS* exprimées en pourcentages par rapport au témoin : Dimanche 112.7, Diplo 119.5, Discovery 110.3, Kindia 114.6.
Deux autres variétés sont en cours de test. Elles devraient achever la valorisation du programme de sélection "trèfle violet" de l’Inra.
La collection de Trifolium patiemment constituée au fil des années est conservée à l’INRA de Dijon, en attendant de rejoindre la collection française de l’Inra de Lusignan qui regroupe déjà plus de 200 espèces de graminées et légumineuses rencontrées dans les prairies françaises.
* Comité Technique Permanent de la Sélection
